Manuscrit terminé, processus enclenché ! Récit d’un accouchement…


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Il y a toujours un moment où il faut s’arrêter. Et je crois que pour la plupart des artistes, des créateurs, dont les écrivains font partie, ce moment n’est jamais bien défini. Pas vrai ?

On se dit toujours qu’on pourrait améliorer ceci ou cela, on a des nouvelles idées, est-ce que j’ai bien pensé à…, oui mais là je ne suis pas sûr que… C’est sans fin. Donc à un moment donné, il faut dire stop. Sinon on ne passera jamais à l’étape suivante, et le manuscrit ne dépassera jamais le stade… du manuscrit.

Et ça y est, enfin, j’ai dit stop, et j’ai dépassé le stade du manuscrit ! Et si j’ai l’air de me lancer des fleurs, eh bien… C’est parce que c’est le cas ! L’entourage peut vous dire « Ah, super ! Bravo ! » mais il n’y a qu’un autre écrivain pour comprendre ce que cela signifie vraiment, de laisser s’envoler notre manuscrit, d’accepter le fait qu’il n’est pas parfait, et que ce n’est pas grave. Il n’y a qu’un autre écrivain pour comprendre ce mélange d’angoisse et d’excitation, quand on se dit qu’on n’y touchera plus, que les lecteurs le découvriront ainsi, que les dés sont jetés.

Mais je vais un peu vite. Je vous explique : rembobinons le film de l’accouchement des Chroniques d’Altaïr : le Seigneur de Dénébola.

Manuscrit – version 1

J’avais « fini » mon manuscrit une première fois, en novembre 2022, plus de deux ans après l’avoir repris à zéro. Oui parce que la gestation a été longue. Très, très longue. En réalité, les premiers personnages (Sirrah, Kaus, Bétel, Orion et Dubhe) et l’univers d’Altaïr sont apparus il y a plus de vingt ans, dans ma chambre d’ado. Je me souviens encore des premiers plans que j’avais dessinés, des premières notes prises pour les personnages, je les ai toujours, d’ailleurs. J’ai aussi les cahiers que j’ai remplis à la main (oui, on est dans les années 2000, les ordis existent, mais ils sont moins omniprésents qu’aujourd’hui !). Je ferai sans doute un article « souvenirs » un de ces jours !

Je n’avais pas fini mon roman, mais le temps passant, je l’avais mis de côté. Les personnages étaient là, ils attendaient que je m’occupe d’eux, mais j’avais d’autres choses en tête : mes études, les copines, ma vie d’adulte à prévoir et à construire, d’autres loisirs, et puis mon travail, mon chéri, mes enfants… À plusieurs reprises, j’avais repris la rédaction, mais sans dépasser un ou deux chapitres. Et puis en grandissant, j’ai aussi affiné mon écriture, et compris comment je pouvais enrichir mon univers, mes personnages et mes intrigues. Je suis loin d’être une experte, mais j’ai quand même évolué, depuis mes débuts ! Et heureusement !

Alors quand nous nous sommes tous retrouvés confinés en 2020, et que j’ai eu beaucoup de temps libre et peu de distractions accessibles, je me suis dit que c’était le moment : j’ai tout repris à zéro. Et j’ai étoffé. Le monde s’est complexifié, d’autres personnages sont apparus, l’intrigue est devenue plus dense, et j’ai décidé de prendre mon temps : inutile de vouloir arriver tout de suite à la fin de l’histoire. J’ai commencé par lister toutes les étapes du récit (spoiler : cette liste est déjà caduque !). J’ai commencé aussi des fiches personnages (mais je ne sais pas pourquoi, je n’arrive jamais au bout). J’ai créé des tableaux Pinterest pour les lieux, les personnages (je partagerai les liens quand je vous parlerai de chaque personnage et de chaque lieu en détail). J’ai aussi commencé à suivre des formations en ligne autour de l’écriture, la construction d’un roman, tout ça…

Un peu plus de deux ans plus tard, donc, j’ai mis le point final. Et puis j’ai suivi des conseils lus je ne sais plus où : laisser mariner le manuscrit dans un tiroir avant de le reprendre pour le corriger et le relire. J’ai laissé mariner. Plusieurs mois. J’ai repris le texte, corrigé, relu, modifié, déplacé, supprimé… Et je l’ai donné à lire à quelques membres de ma famille. Et j’ai re-corrigé, re-relu, re-modifié, re-déplacé, re-supprimé. Et j’ai envoyé à des éditeurs. Et…

Et rien. Aucun retour positif (si, les maisons d’édition à compte d’auteur. Mais non, ce n’était pas ce que je voulais). Alors je me suis dit que ce n’était pas pour moi. Que de toute façon mon histoire n’était pas intéressante, c’était du vu et revu. Je n’ai rien à dire, rien à raconter. C’était un rêve d’ado, c’est tout.

L’auto-édition, ou Manuscrit – version 2

Mais j’avais aussi entendu parler de l’auto-édition. Problème : cela supposait deux choses. La première, je devais faire le deuil du besoin de reconnaissance par des pros, par des figures d’autorité, de l’acceptation par ceux que j’aurais voulu considérer comme des pairs. La deuxième, je n’y connaissais rien, je ne savais pas par quoi commencer, je n’étais pas sur les réseaux sociaux, je ne suis pas graphiste, rien du tout. C’est là que j’ai pris une décision, coûteuse, mais nécessaire : me faire aider, grâce à une plateforme d’accompagnement des auteurs auto-édités. J’ai fini par choisir Librinova (je vous parlerai de mon expérience avec Librinova plus tard, quand j’aurai plus de recul). J’allais payer pour des services, que j’allais choisir, et rester maîtresse de mon livre.

Le premier service auquel j’ai souscrit, c’était celui de relecture-correction. Une personne a lu mon manuscrit, et m’a renvoyé un document PDF de quatre pages avec des critiques constructives et des pistes d’amélioration. Et… ça m’a complètement coupé les bras.

Les critiques et les pistes étaient si nombreuses que, pour les suivre, il fallait presque que je réécrive complètement le livre. Je savais que ce n’était pas parfait, bien sûr, mais je ne m’attendais pas à ça. Et j’en avais assez de ce manuscrit. Après cinq ans à travailler dessus, presque trois à le considérer terminé ou presque, j’avais envie de passer à autre chose. Et là, il fallait que je reprenne tout, que je réécrive des dizaines de chapitres ? Oui parce que, parmi les modifications suggérées, certaines nécessitaient de créer des chapitres entiers, de revoir toute la structure, et même de diviser mon manuscrit en deux et d’approfondir chaque partie pour créer deux tomes. Impensable. Impossible. Je n’avais plus l’énergie.

J’aurais pu ignorer ces commentaires. Mais c’était le point de vue d’un professionnel, de quelqu’un qui savait ce qu’il faisait, qui connaissait le monde du livre, ç’aurait été stupide de ma part de ne pas les prendre en compte. Si ce que j’avais produit n’était pas assez bon, et si je n’avais pas le courage de tout reprendre, c’était que l’écriture n’était pas faite pour moi. J’ai laissé tomber.

Mais au fil des semaines, des mois, mine de rien, les conseils reçus, les suggestions faisaient leur chemin. J’ai commencé à griffonner une nouvelle structure de chapitres sur un post-it. J’ai réfléchi à la manière de partager le manuscrit en deux. Je me suis dit que je pouvais peut-être juste… Et si je déplaçais ça… Et ce chapitre-là, il pourrait être raconté par… Et si…

Un nouveau départ, et un départ nouveau

Finalement, en septembre 2025, six mois après avoir reçu les conseils du relecteur, nouveau départ : je me suis remise devant mon ordi, avec pour objectif d’écrire ou de reprendre un chapitre par semaine. Environ. Il y avait autre chose : j’ai réalisé que j’étais au chômage depuis un an (c’est une longue histoire), et que plutôt que de chercher vaguement quelle direction donner à ma reconversion alors qu’aucune voie ne m’attirait vraiment, j’étais bien bête de ne pas utiliser ce temps-là pour écrire. Quel écrivain ne rêve pas d’avoir toutes ses journées à lui pour se consacrer à son roman ? J’avais cette opportunité-là, il fallait que je m’en serve !

Et j’ai réussi (oui, je me lance encore des fleurs). En mars 2026, pile un an après les conseils du relecteur qui m’avaient tant bousculée, j’ai renvoyé mon manuscrit enfin achevé à Librinova. Angoissée et excitée. Un peu sonnée.

Et très vite les services souscrits suivants sont arrivés : correction, création de la couverture, maquette, et dernièrement résumé. Tout est passionnant. Les échanges par mail avec les professionnels de Librinova sont constructifs et efficaces. Le livre, et mon rêve, prennent forme. Dans le même temps, je me forme à la promotion d’un livre, à l’utilisation des réseaux (oui, je débute, complètement, ça se voit ?), à la création et l’animation d’un site d’auteur (celui-ci). Et je pense aussi à la suite. Le tome 2, que je vais construire sur les bases de mon manuscrit initial. Je vous en dirai plus dans quelques semaines.

C’est une formidable aventure, exaltante et épuisante, surtout sur le plan émotionnel. Mais pour la première fois de ma vie, j’ai l’impression de savoir où je vais, et de faire ce pour quoi je suis faite, même si je n’y suis pas encore experte. Je n’ai pas ce sentiment d’être un imposteur, comme j’ai pu l’avoir par le passé dans d’autres situations (comme je l’ai encore beaucoup par ailleurs). J’ai juste le sentiment d’être une débutante. Une débutante qui va apprendre, faire des erreurs, apprendre encore, et progresser. C’est un départ nouveau.

La suite, c’est vous, lecteurs, qui allez m’aider à l’écrire !

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