
Si vous faites partie des (heureux?) lecteurs qui ont déjà découvert le premier tome des Chroniques d’Altaïr (pas encore ? C’est ici !), vous aurez peut-être été un peu sceptique devant le calendrier (ou pas, et tant mieux, alors !). Car sans être créé de toutes pièces, le calendrier des Sept Contrées est légèrement différent de notre schéma judéo-chrétien habituel. En gros, il fonctionne par séries de sept.
Une semaine est constituée de sept jours, jusque là, pas de changement.
Mais un mois est constitué de sept semaines, soit 49 jours.
Et une année est constituée de sept mois, soit 343 jours.
Les jours, les mois et les saisons
Il y a bien quatre saisons, mais elles ne sont pas normées comme dans notre calendrier. Elles n’ont pas de date de début ou de fin précise. Les habitants d’Altaïr se contentent d’observer leurs champs, leurs prairies, leurs forêts, le ciel et les nuages, les animaux, les éléments, et déterminent si l’automne est là ou si l’été perdure. Les anciens ont un dicton :
« Les saisons changent selon l’amour de Mari et Kernun : parfois triste, parfois joyeux, toujours renouvelé. »
On dit aussi que les saisons durent douze semaines. Mais personne ne s’accorde jamais sur le début du décompte…
- Ogron : début de l’année, passage à l’automne, automne
- Dumon : automne, fin de l’automne
- Giamon : passage à l’hiver, hiver
- Vison : fin de l’hiver, passage au printemps
- Cantlon : printemps, fin du printemps
- Samon : passage à l’été, été
- Edrion : été, fin de l’été
Aucun mois n’appartient à une seule et unique saison. Chacun est à la fois une saison et une transition. Bien sûr, on sait qu’au mois de Samon, ou celui d’Edrion, il fera plus chaud qu’au mois de Giamon. On sait qu’on prévoira les récoltes à la fin d’Edrion, ou au début d’Ogron. Que les lionnes mettront bas probablement au cours de Cantlon. Mais sans certitude quant à la date. C’est la nature (et les dieux) qui décident.
Comme chez nous, finalement !
Les jours, eux, n’ont pas de nom : pour désigner un jour en particulier, on parle du « Xème jour de la Xéme semaine du mois ». Par exemple, Orion est né le cinquième jour de la sixième semaine de Samon, l’année 2515. Et Pléïades est décédé le quatrième jour de la troisième semaine de Cantlon. Traditionnellement, les Seigneurs et Dames des Sept Contrées se réunissent pour le Grand Conseil au cours de la première semaine de Samon, quand le temps est en général clément mais pas encore trop chaud.
Les années
L’année débute le premier jour de la première semaine d’Ogron, à un moment où la nature commence à décliner vers l’automne et l’hiver et où chacun attend et espère le renouveau du printemps, comme une promesse de renaissance pour l’année toute neuve.
Au cours des évènements relatés dans les Chroniques d’Altaïr, le continent traverse son Cinquième Âge (si cela vous intéresse, je ferai un article sur la Genèse d’Altaïr). L’An 0 du Cinquième Âge correspond au Grand Schisme, qui marque la création des Sept Contrées. Pléïades décède donc en « l’an 2535 du Cinquième Âge », ou « l’an 2535 du calendrier du Grand Schisme », bien que beaucoup se contentent d’employer le millésime. Seuls les Maîtres et les Guérisseuses, les grands lettrés, les historiens et autres érudits se plaisent à utiliser la version longue, pour rappeler l’ancienneté de leur civilisation, ou pour plus de solennité.
La journée
Les habitants d’Altaïr n’ont pas la notion des heures et des minutes. Ils se fient à la place du soleil dans le ciel, aux lunes, Isis et Isida, et aux différents moments de la journée que constituent les repas, pour lesquels ils ont l’habitude d’écouter leur estomac. Ce fonctionnement a de nombreux inconvénients, vous vous en doutez : comment déterminer le moment de la journée quand les nuages cachent le soleil ? Quand on est malade et qu’on n’a pas faim ? Quand on est un petit mangeur mais que celui qu’on doit retrouver au repas de midi est, lui, toujours affamé ?
Pour remédier à ces situations gênantes, deux Maîtres dschubbains, Maître Elembi et Maître Cutio, ont tenté d’établir, en l’an 2427, un système de décompte du temps journalier, à l’aide de bougies coulées spécialement pour durer toute une journée, et marquées de sept encoches régulières. Ces « bougies du temps » ont connu un certain succès dans les Cours seigneuriales et les maisons des plus riches ; le reste de la population, pour la majorité, préférait utiliser la cire de ces grandes bougies pour en couler d’autres plus petites mais qui permettaient d’éclairer plus d’espaces. En outre, ces bougies ne faisaient que déplacer le problème : impossible de savoir à quel moment on avait allumé son cierge le matin, ni si son voisin l’avait allumé au même moment. La cire fondait plus ou moins vite selon la chaleur ou la fraîcheur ambiante. Et tous ceux qui travaillaient hors de chez eux devaient, soit emporter la bougie avec eux en partant (au risque qu’elle s’éteigne au cours du trajet), soit la laisser à la maison (sans avoir de notion du temps écoulé une fois arrivés sur leur lieu de travail).
Si on peut saluer l’effort de ces deux Maîtres, il faut pourtant admettre que leur invention ne révolutionna pas la notion du temps, et tomba assez rapidement dans l’oubli. Les habitants d’Altaïr reprirent très vite leurs anciennes habitudes, peu fiables, mais coutumières.
L’anecdote de l’écrivain : au départ, je voulais appeler les semaines « septaines » : elles ont sept jours, après tout. On dit bien « une huitaine », « une dizaine », « une quinzaine », je trouvais à la fois original et cohérent de créer ce nouveau mot. J’ai abandonné cette idée très tard : finalement, je me suis dit que je n’avais pas assez de mots inventés. Mes « septaines » paraissaient très seules dans l’océan de mots habituels que j’utilisais. Je les ai donc supprimées.
D’après le calendrier des Sept Contrées, en quel mois êtes-vous né ? Pour moi, ce serait probablement vers la fin d’Edrion (fin août, donc à la fin de l’été). Dites-moi ça en commentaire !



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